22/11/2014

Moins! de séparation des luttes, plus d’intersectionnalité !

Cet article revient sur mes dernières participations aux mouvements de luttes antiproductivistes et anticapitalistes, toujours plus victimes d'une dangereuse poussée réactionnaire. Je me devais de prendre le temps de faire le point sur ces engagements afin de me situer et de déterminer dans quelle direction je compte désormais aller. Merci de votre attention et surtout n'hésitez pas à donner vos avis sur la question! 

 

 

 

Dans les combats politiques et associatifs que j’ai mené, les questions liées à l’intersectionnalité [1] des luttes ont souvent resurgi. Pour certain-e-s militant-e-s, il y avait par exemple d’un côté la question environnementale, de l’autre la question sociale ; d’un côté l’engagement féministe, de l’autre l’engagement anti-productiviste, etc. Chez les Vert-e-s, déjà, je me suis rendu compte que les environnementalistes ne cultivaient pas de fibre sociale, et que la préservation de la planète ne passait pas vraiment par la redistribution des richesses et l’égalité entre toutes et tous. Je savais qu’au sein des milieux écologistes plus radicaux, comme les anti-productivistes décroissant-e-s, il existait aussi différentes tendances, notamment entre tenant-e-s de l’écologie profonde et de l’écologie sociale. Le ROC (Réseau Objection de Croissance), que j’ai co-fondé avec quelques ami-e-s en 2008 à Genève et qui maintenant essaime un peu partout en Suisse romande, en est la preuve même. Une fracture importante dans le réseau existe sur les questions de démographie et de surpopulation. Un certain malthusianisme guette – on tient à nous expliquer l’apport de Malthus pour l’écologie, et, alors qu’une initiative comme Ecopop aboutit, le terrain est très glissant [2]. La presse elle, profite de ce flou et mélange allègrement « décroissance de la population » avec « décroissance économique »… Mais quelque part Ecopop aura eu le mérite de poser dans le débat la nécessaire alliance entre écologie et social. Et à pousser certain-e-s à montrer leur vrai visage. En effet, des personnalités comme Philippe Roch ont clairement accepté de faire fi des conséquences xénophobes engendrées par ce type d’initiative visant à préserver la planète à travers la dénatalité – des autres, les plus pauvres, évidemment. La décroissance, ou la critique anti-productiviste, peut facilement tendre vers les pires scénarios fascisants. Cela, on le savait déjà – nombres d’alertes ont été lancées [3] par les milieux de gauche anti-productiviste vis-à-vis des récupérations par l’extrême-droite des thèses défendues par la décroissance.

Mais plus surprenant, lorsqu’il s’agit d’affronter ces divergences au sein même de l’écologie politique en Suisse [4].

L'égalité sociale au détriment de la nature ? 

Dans les milieux anti-productivistes et anticonsuméristes, il est généralement acquis que la décroissance est une critique générale de nos sociétés productivistes occidentales – lesquelles doivent décroître en priorité, avant même de considérer la situation des pays les moins « développés » de la planète, qui ont une empreinte écologique bien moindre. Il est généralement aussi acquis que, au sein de nos sociétés d’opulence, les premiers à devoir décroître sont avant tout les responsables de la perpétuation de notre mode de vie dispendieux. Et pourtant, pour une frange certaine de l’écologie radicale, même les plus pauvres des pays riches demeurent trop riches, et doivent donc aussi décroître. Sous prétexte qu’il faut « différencier pauvreté et misère » (sic !) et que même ces minorités, en Suisse, ont une empreinte écologique trop grande. On n’abordera donc même pas le cas des couches moyennes, puisque qu’il nous serait répondu que « le Suisse moyen fait partie des 10% les plus riches au niveau mondial ».

Quels sont les risques de telles théories ? Entre autres, de marquer une opposition de facto à toute forme d’accès à un niveau de vie suffisant pour les plus défavorisé-e-s : refus d’un revenu de base pour toutes[5] et tous afin de vivre dignement (fixé vraisemblablement à 2'500,- francs suisses, ce qui est selon ces personnes beaucoup trop, alors que c’est à peine au-dessus du seuil de pauvreté) ; refus d’un salaire minimum décent pour toutes et tous (4'000,- francs suisses c’est bien trop), et donc opposition à l’accès pour les femmes (majoritaires à subir le travail à temps partiel) à une couverture sociale digne de ce nom, etc. Et quelles propositions émanent souvent de ces théories ? On entend par exemple parler de l’instauration du rationnement des biens et des ressources - où comme en temps de guerre les plus pauvres doivent se serrer encore davantage la ceinture [6].

Tout cela ne vous rappelle-t-il rien ? Malthus, encore lui (eh oui !), lequel dénonçait déjà en son temps la redistribution en faveur des pauvres sous prétexte qu’elle accentuait le problème au lieu de le résoudre, puisque les pauvres, en se multipliant, feraient peser une menace croissante sur les ressources dont disposent les autres. En adhérant aux milieux de l’écologie radicale, je pensais plutôt lutter contre « les riches qui détruisent la planète » (Hervé Kempf [7]), m’engager sur les pas de l’écosocialisme et de l’intersectionnalité des luttes… or j’étais bien loin du compte et dois affronter une grave confusion faite par beaucoup entre « sobriété heureuse » défendue par les décroissant-e-s, et « pauvreté subie » provoquée par les tenant-e-s de l’austérité.

Si bien que j’arrive à devoir constater que pour certain-e-s tenant-e-s de l’écologie radicale, une certaine idée de l’égalité sociale et de la dignité se ferait forcément au détriment de l’environnement. Bien sûr que la dignité d’une existence n’est pas réductible à l’accès à un emploi décent (même si aujourd’hui dans nos sociétés l’emploi y contribue malheureusement toujours grandement) ; bien sûr qu’il faut tendre à l’abolition du salariat, à la démarchandisation du monde, mais faut-il le faire en dénigrant les luttes syndicales pour un salaire décent pour toutes et tous ? Faut-il le faire en expliquant que 2'500,- c’est trop d’argent, que l’argent c’est mal, et qu’on détruit la planète en donnant à toutes et tous un minimum qui est à peine au-dessus du seuil de pauvreté ? Faut-il le faire, enfin, en expliquant que les pauvres doivent décroître – alors que les riches sont toujours plus riches, et sont toujours davantage les principaux responsables de la dégradation de la planète ? Comme l’avait bien compris déjà l’économiste Thorstein Veblen (1857-1929) et comme l’analyse bien aussi dans une interview récente du Courrier, Hervé Kempf [8] : « La consommation des nantis sert de référentiel pour celle de la société toute entière. La réduction de l’empreinte carbone passe par une politique plus égalitaire. ».

Mais malheureusement, plutôt que de construire ensemble avec toutes les forces de gauche écosocialiste l’accès pour toutes et tous aux biens communs à travers la création d’une sphère de la gratuité (Paul Ariès [9]) et la défense d’un service public de qualité, luttant ainsi contre les privatisations et les politiques d’austérité, on préfère pointer du doigt les idées visant à réduire les inégalités, lesquelles sont pourtant responsables de la dégradation de la planète, et on provoque la désunion des courants de gauche.

Pour une écologie politique féministe ! 

Car en effet, malheureusement, le pire est encore à venir avec ce mode de pensée qui vise à faire porter le chapeau autant aux riches qu’aux pauvres, puisqu’il aboutit à s’opposer à toute notion d’égalité entre hommes et femmes (et pas qu’en matière salariale) - cela car il faut en finir avec le travail salarié, et parce que « l'égalité pour tous n'est pas possible, même par un développement de rattrapage » [10]. Plutôt que de viser une égalité présentée comme chimérique et productiviste, il s’agit de revenir à une « perspective de subsistance » [11], et (re)-créer un système économique et social qui remet au centre les activités de subsistance. Pourquoi pas ! Mais ces activités continuent d’être majoritairement faites par les femmes, et de manière non choisie (cf. le travail millénaire gratuit des femmes). C’est pourquoi doit se poser, en vis-à-vis, la question de l'accès des femmes à la sphère publique (sans parler de quotas dans les conseils d'administration, mais d’accès à la parole publique, à l’écriture d’articles dans les revues anti-productivistes, aux actions publiques des décroissant-e-s, etc.). Que nenni : ce n’est semble-t-il pas un sujet pertinent, puisque l’égalité n’est qu’une idéologie de rattrapage qui voudrait par exemple que les femmes fassent l’armée comme les hommes (même si pour ma part je ne connais aucune féministe défendant cela…), et puisque les femmes n’ont rien à gagner en obtenant les mêmes droits que les hommes.

Quant aux avancées féministes qui ont permis par exemple l’égalité en droits entre hommes et femmes, dans le couple par exemple (en matière de lutte contre le viol conjugal, etc.) et la critique de la séparation entre sphère privée et publique « The personal is political ! » [12] ? On me répond que « cela n’est pas pertinent pour faire avancer la lutte pour la décroissance »… !!

Les crèches, elles aussi, sont dénigrées sans nuances puisqu’elles ne sont là que pour permettre aux femmes d’être des « hommes productifs comme les autres », et non pas pour permettre aux enfants de se socialiser ou encore aux parents (les mères avant tout, qui s’occupent toujours majoritairement des enfants), de souffler. Le modèle des crèches autogérées n’est pas non plus sollicité : décidément dans cette économie de subsistance chère à cette écologie radicale-ci, il faut tout faire soi-même au risque sinon de passer pour un dangereux productiviste ! Et la baisse généralisée du temps de travail ? Oui mais pas à salaire égal, évidemment… « Travailler moins pour gagner moins et…galérer plus ! » est le nouveau modèle préconisé.

Et quid de la participation des hommes à cette sphère de subsistance qui doit remplacer petit à petit la sphère marchande ? Là non plus ce n’est pas important d’en parler. Que les implications écologistes nécessitées par les besoins de relocalisation, de réappropriation des outils, d’auto-subsistance, etc. amènent une surcharge énorme en matière temps et de travail (non rémunéré), et retombent à nouveau sur le dos des femmes (comme le montrent de nombreuses études [13]), n’est pas une question importante à traiter… La lutte pour l’égale implication des hommes et des femmes dans les tâches écologistes relève sans doute d’un combat de « rattrapage » productiviste... Si cette inégalité existe encore, selon ces personnes, c’est certes parce qu’il y a une division sexuelle du travail dans la sphère marchande, instaurée par le capitalisme pour son propre profit, mais dès lors que l’on vivra dans un monde décroissant et idyllique, la domination des hommes sur les femmes dans la nouvelle économie de subsistance disparaitra, comme par magie… Un peu facile quand on sait que le patriarcat précède largement l’ère industrielle (pour ce genre de « détails historiques », il faudra repasser…).

Et pourtant, au sein de la décroissance, on ne peut faire l’économie de la réflexion sur les inégalités de sexe. Mais qui dans ces milieux parle par exemple de l’importance de la création d’un congé parental partagé entre hommes et femmes comme en Suède pour que les pères s’impliquent dès la naissance de leurs enfants dans les tâches éducatives ?

J’ai rencontré, c’est vrai, dans ce milieu écolo-radical, des hommes qui avaient pu faire le choix de baisser leur temps de travail et de s’occuper de leurs enfants, tout en militant dans un journal par exemple. Le fait de mettre en avant ces parcours d’hommes atypiques est intéressant mais l’objectif d’un mouvement comme l’écologie politique n’est-il pas de permettre et de donner envie à toutes et tous de faire de tels choix de vie ? Il est certes plus aisé de se donner en exemple plutôt que de prendre le parti de celles et ceux qui ne pourraient que très difficilement, faute de conditions matérielles suffisantes ou d’un parcours professionnel facilitant, faire de tels choix sans devoir passer directement à la case chômage ou aide sociale. Sans parler du fait qu’il ne suffit pas de quitter le monde du travail pour laisser de côté sa position d’homme dominant et les privilèges qui l’accompagnent- à cet égard on aurait bien aimé lire un article reprenant les thèses de Léo Thiers Vidal, où il analyse sans concession les formes, ouvertes ou plus subtiles, que prend le masculinisme en milieu militant, notamment anarchiste [14].

Pour certain-e-s donc, imaginer que des féministes puissent être à la fois anticapitalistes, anti-productivistes, égalitaristes, syndicalistes, anti-colonialistes, défenseuses des droits des animaux (véganisme) etc. n’est absolument pas envisageable… Moi qui pensais pourtant que c’était une évidence, on préfère consacrer du papier à dénoncer le leurre des féministes qui font le jeu de la société capitaliste et croissantiste.

Il faudra donc repasser pour voir mise sous presse l’articulation des luttes féministes et écologistes… On ne lira donc pas Mona Zegai [15] dans le prochain numéro du journal Moins!, et son travail qui analyse à travers le prisme des questions de genre, la socialisation à la consommation dès le plus jeune âge (avec par exemple la vente de produits réels transformés en jouets, comme des pots de Nutella, de la lessive) ; on ne lira pas non plus l’apport d’Elsa Beaulieu et de Maude Prud’homme au Québec et leur vibrant appel « Pour un écoféminisme politique! » [16] expliquant « qu’il n'y aura pas d'économie véritablement respectueuse de l’écologie sans une véritable égalité entre les hommes et les femmes, pas plus qu’il ne peut y avoir d’égalité entre les sexes dans le système économique actuel. Les alliances entre féministes et écologistes, et plus précisément les luttes écoféministes, sont donc une nécessité historique incontournable. »

Pourtant le prochain numéro aura pour thématique « l’écoféminisme ». Or il existe plusieurs théories écoféministes, certaines essentialistes, d’autres qui dénoncent le recours à la nature pour justifier les inégalités de sexe [17]. Mais les théories écoféministes défendues par certain-e-s, sont largement naturalistes (la Femme comparée à la Nature), avec toutes les dangereuses conséquences que cela engendre (le différentialisme – avec son idéologie de la complémentarité entre les sexes, qui justifie et perpétue les inégalités), tout cela au nom de l’anti-industrialisme et de la lutte contre la technologie : culte de la maternité, hétérosexisme, homophobie (on s’oppose à l’accès à la procréation médicalement assistée (PMA) pour les homosexuel-le-s, à l’homoparentalité, etc.), et accointances avec PMO (Pièce et Main d’Oeuvre, groupe grenoblois anonyme qui ne cache pas sa proximité avec l’idéologie de la « Manif pour tous »). Selon certain-e-s, les homosexuel-le-s ne peuvent pas prétendre « avoir des enfants », car ce serait « aller contre la Nature », « rompre avec le système de filiation »… eh oui, jusqu’à dernier avis la nature n’a jamais permis à un enfant de naître de deux personnes de même sexe... La technologie, avec la PMA par exemple, voudrait se substituer à la Nature, c’est pourquoi il faut la rejeter, comme le mariage pour toutes et tous. Et rejoindre la « Manif pour tous » ?

Les dangers de l'abandon de l'intersectionnalité des luttes 

Bref, à bien regarder, certain-e-s militant-e-s réussissent le difficile pari d’être l’exemple même du danger que représente une idéologie lorsqu’elle est prise en soi et est totalement déconnectée des mouvements sociaux et des luttes indispensables à mener conjointement. Le risque est de voir les nombreux groupes qui luttent tous pour une sortie du capitalisme et de sa logique mortifère qu’est la croissance infinie militer chacun de leur côté. En restant entre nous, on finit par faire notre propre éloge tout en réduisant les autres mouvements à de vulgaires stéréotypes (les féministes sont productivistes car elles sont pour « le rattrapage », les homosexuel-le-s sont contre-nature car elles-ils prétendent avoir des enfants et donc rompre avec le système de filiation, la gauche et les syndicats font le jeu du monétarisme quand ils défendent l’égalité d’accès au salariat, etc.). Autre problème : cette posture élitiste et solitaire empêche de saisir le vécu de certains groupes sociaux oppressés, alors qu’un mouvement comme l’écologie politique devrait, s’il tend à être réellement alternatif, être celui de toutes celles et ceux qui essaient de sortir des schémas dominants et de décoloniser leur imaginaire : pas seulement de la croissance, mais aussi de l’oppression patriarcale et des inégalités de toutes sortes.

Pour ce faire, on ne peut pas se contenter de mettre en avant toujours les mêmes « têtes pensantes » si chères à la décroissance, qu’on retrouve de toute manière déjà partout dans ces milieux (les Latouche, Rabhi, Illich, Ellul, Castoriadis, etc. ; et en Suisse les Dominique Bourg, Pierre Lehman, et autres Philippe Roch). Déjà parce que ce sont toujours les mêmes mâles occidentaux, qu’ils monopolisent la parole au détriment d’autres femmes engagées partout dans le monde en faveur de la décroissance, et que pour beaucoup leurs théories comportent des zones d’ombres qu’il serait pertinent de mettre à jour et de dénoncer fermement (on pense au malthusianisme, à l’islamophobie ou encore au sexisme), mais aussi parce qu’ils sont des « théoriciens » et que nous avons besoin de modèles de luttes incarnés, dont la préoccupation n’est pas tant de laisser des traces scientifiques que de construire humblement une société sans croissance.

Mais cela dit, on ne peut pas seulement s’arrêter à ce constat, aussi peu reluisant est-il. On est obligé, au regard des dangereux glissements d’une large partie des militant-e-s se revendiquant de l’écologie radicale, de se demander si l’idéologie qui en ressort n’est pas tout simplement régressive en matière de droits humains et donc de progrès social – et si ce courant ne risque pas insidieusement de se tourner toujours un peu plus vers les théories réactionnaires qui rejettent en bloc toute avancée sociale au nom de sa lutte contre le « progrès ». Ce serait le prix d’une coupure frontale avec l’intersectionnalité des luttes, seule à même de permettre l’émancipation de toutes et tous, et de donner une réponse convaincante contre l’idéologie capitaliste et de la croissance infinie, en n’abandonnant aucune minorité sur le chemin. Mais est-ce là encore l’objectif de ces militant-e-s que de se faire le porte voix des plus démuni-e-s ? Ou préfèrent-t-ils penser comme PMO que la « politique des minorités » « enferme dans une identité victimaire » et « a concentré l’attention sur les conflits qu’elle déchaînait au détriment de ceux qu’elle enfouissait » [18] ?

Pour ma part, je veux croire que la posture de ces militant-e-s de bonne foi est encore évolutive et leur laisserai donc, malgré de profondes divergences, le bénéficie du doute, car un journal d’écologie politique en Suisse est une denrée rare. Leur la responsabilité n’en est donc que plus grande !

Quant à moi, désormais mon temps et mon engagement se tourneront vers des groupes et mouvements qui affichent clairement leur implication en faveur de cette intersectionnalité et qui ont compris son importance pour une véritable rupture avec le capitalisme et le productivisme. Car je pense que c’est la seule manière de donner des réponses convaincantes dans le contexte actuel où l’on observe une convergence toujours plus grande entre les courants anti-industriels, écologistes, anti-capitalistes et la poussée réactionnaire.

 



[1] L’intersectionnalité (de l'anglais intersectionality) est une notion employée en sociologie et en réflexion politique, qui désigne la situation de personnes subissant simultanément plusieurs formes de domination ou de discrimination dans une société. Le terme a été forgé par l'universitaire féministe américaine Kimberlé Crenshaw dans un article publié en 1991.

[2] Voir le débat orienté organisé à Genève sur la question, où deux intervenant-e-s malthusien-ne-s ont été invité-e-s à débattre, contre aucun-e pour défendre une écologie sociale (la proposition de faire intervenir Vincent Gerber a été refusée) : http://decroissance.ch/events/debat-roc-ge-vs-ecopop-et-r...

[4] Par exemple au sein du journal Moins!, journal d’écologie politique, où j’ai collaboré pour le numéro 14 (novembre 2014), mais sans donner suite à mon engagement : http://www.achetezmoins.ch

[6] Voir le débat dans les années 2000 autour de la « carte carbone » en Angleterre : pour instaurer ce rationnement, on distribue sur le marché une quantité maximale (totale) d’énergie, où chaque individu a une part réservée mais peut en céder à d’autres qui l’achètent alors. Les plus pauvres, dont la consommation d’énergie est moins importante, peuvent vendre des parts aux plus riches. Encore un moyen de réduire la consommation des pauvres et d’augmenter celle des riches, tout en se donnant bonne conscience environnementalement parlant ?

[9] Voir « La Révolution par la gratuité » de Paul Ariès : http://www.npa2009.org/content/la-révolution-par-la-gratu...

[10] Pour soutenir cette théorie, ces personnes s’inspirent notamment de ce document et d’une « traduction rapide » des paroles de Mies and Shiva (1993) : https://www.dropbox.com/s/ct9nrle4tlbcchb/Extraits de Mies et Bennholdt-Thomsen - La perspective de subsistance.doc?dl=0  https://www.dropbox.com/s/ct9nrle4tlbcchb/Extraits de Mies et Bennholdt-Thomsen - La perspective de subsistance.doc?dl=0

[11] La production de subsistance ou production de la vie inclut tout travail qui est dépensé pour la création, la recréation et la maintenance de la vie immédiate et qui n’a pas d’autre objectif (travail ménager ; travail des petits paysan-ne-s ; autoproduction ;...) Pour la production de subsistance l’aspiration est la vie, pour la production de marchandises c’est l’argent qui produit toujours plus d’argent, ou l’accumulation du capital.

[12] Le slogan vient des Etats-Unis (1960) et s’inscrit dans la deuxième vague du féminisme. Dans les années 1960-70, le féminisme connaît un renouveau dont l’une des caractéristiques principales est de pointer la dimension politique de questions jusqu’alors considérées comme privées – d’où le slogan.

[13] Voir l’étude « L’engagement écologique au quotidien a-t-il un genre ? » http://www.erudit.org/revue/rf/2009/v22/n1/037795ar.html

[14] Par exemple cet article « Féministes et hommes engagés, sortir de l’androcentrisme et développer l’empathie » : http://www.agoravox.fr/tribune-libre/politiques-citoyens/...

[15] Voir son mémoire intitulé « Les jouets pour enfants au regard du genre » : http://monille.free.fr/Mona%20Zegai%20-%20Les%20jouets%20...

[17] « En défendant la radicalité possible d’un lien entre féminisme et écologie, je n’avance pas que les femmes ont une manière d’être essentiellement plus proche de la “ nature ”, mais plutôt qu’il est impossible de comprendre les conséquences écologiquement destructrices de la tendance dominante du développement humain sans saisir leur nature « genrée ». » Mary Mellor, 1997 Feminism and Ecology. New York, New York University Press.

[18] Lire ce texte assez représentatif de l’idéologie dangereuse promue par PMO, qui s’attaque directement à « l’intersectionnalisme » : http://www.piecesetmaindoeuvre.com/IMG/pdf/Elephant.pdf