29/11/2015

Société Pédagogique Genevoise : un syndicat aux manières douteuses

Nous sommes deux camarades à avoir été censuré-e-s samedi soir sur la page facebook de la SPG (Société Pédagogique Genevoise), suite à un débat qui se déroulait sur la question de l'école inclusive. Il s'agit de Priscilla Albrecht, enseignante et parent d'élève, et de moi-même, enseignant spécialisé.

Certes, dans ce fil de discussion, les avis divergeaient, mais personne n'a été injurié-e et aucun écart de comportement n'a pu être enregistré de part et d'autres. Chacun s'exprimait le plus normalement du monde, lorsque nous avons constaté que nous avions été tout simplement banni-e-s de la page facebook du syndicat, sans aucun avertissement ou explication. Impossible non seulement de continuer à échanger avec les personnes qui sont intervenues, mais qui plus est, nos messages ont été effacés - le fil de la discussion étant donc totalement tronqué. 

Plus que nos simples messages censurés, il s'agit d'un acte grave de musellement de la pensée de la part d'un syndicat qui devrait, au contraire, donner la parole à chacun-e, et surtout aux plus faibles, à savoir les élèves à besoins particuliers, qui, malgré le soutien légal qu'ils ont pu obtenir, ne bénéficient toujours pas d'une vraie prise en charge au sein de l'école ordinaire.  

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C'est pourquoi nous souhaitons dénoncer vivement ces procédures excluantes qui ont cours au sein de ce syndicat, lesquelles ne laissent rien présager de bon concernant l'inclusion des élèves à besoins particuliers dans le canton de Genève. En effet, alors qu'un syndicat tel que la SPG devrait prendre fait et cause pour ces mêmes élèves, ce dernier préfère censurer les personnes qui osent défendre une position divergente sur cette question. De même, la SPG ne fait que reproduire le discours des partis de droite sur l'argument biaisé du manque de "moyens" à disposition, alors même que ce faux argument permet de cacher les vraies questions et de justifier l'absence de réelle politique d'inclusion des élèves à besoin particulier dans le canton.

Des vraies questions, que posait avec justesse Marie-Jeanne Accietto dans sa réponse en ligne au courrier de lecteur de M. Vité, président de la SPG, dans le Courrier du 11 novembre 2014 :

« Comment un Etat de droit peut-il tolérer que des enfants soient exclus, marginalisés et victimes d’un discours aussi minimaliste que celui des moyens ?

Croyons-nous vraiment que la Suisse et en particulier Genève soit moins riche que d’autres pays qui ont mis en place une politique inclusive ? 

Ce serait amusant de le faire croire….Si nous partons du droit, de ce qui est juste, les moyens suivront et on se rendra compte, comme ailleurs c’est déjà le cas, qu’en réalité l’école inclusive a un coût bien moindre que l’école de la politique ségrégationniste pratiquée aujourd’hui !

La question n’est pas celle de l’efficacité de l’école inclusive, de sa rentabilité ou de son coût, mais bien du droit de chaque enfant à fréquenter l’école de droit commun, sans discrimination. »

 

Nous demandons donc aux responsables du SPG, des excuses concernant leurs graves agissements de samedi soir sur leur page facebook, et souhaitons que ce syndicat, à défaut de défendre les élèves qui depuis trop longtemps maintenant sont laissé-e-s au ban de la société, ait au moins l'obligeance de respecter à l'avenir les règles de bases du débat démocratique, en cessant d'exclure les parents d'élèves ou autres enseignant-e-s qui s'opposent à certaines de leur prises de positions publiques.

 

Signataires : Julien Cart, Priscilla Albrecht, Mireille Smulders & Angélique Jaquier.

Illustration : COPHAN, Ensemble pour l'inclusion

 

Commentaires

Je pense que vous vous trompez d'ennemi. La spg et ses membres ne sont pas contre l'école inclusive, bien au contraire!
C'est l'état et la partis de droite qui, en supprimant les budgets et la formation, rendent le droit de chaque enfant à être inclus dans l'école ordinaire impossible à réaliser dans de bonnes conditions.
Or nous sommes en plein mouvement de lutte pour la sauvegarde des acquis et les attaques contre la spg, en risquant de décrédibiliser ses discours et en divisant, ne servent que les intérêts de ceux pour qui l'école inclusive est une lubie.
la spg se bat contre la suppression de budget, car celle-ci met en danger les prestations, dont l'accueil de qualité des élèves présentant un handicap.
Cordialement,
Frédéric Hiltbrand, enseignant au cycle élémentaire et délégué spg

Ps: Facebook n'est pas un lieu de débat démocratique, un peu trop de peau qui dépasse sur une photo et hop censurée! Je comprend toutefois votre frustration par rapport à la disparition de vos propos... De là à parler de musellement, vous en faites partie du syndicat?

Écrit par : Frédéric hiltbrand | 01/12/2015

Bonjour,

Merci pour votre réponse. Les réactions ont été vives pour dénoncer la prise de position pour le moins équivoque de votre syndicat, dont je ne fais pas partie (l'administrateur de la page fb a sûrement vérifié avant de nous censurer, car cela aurait sans doute fait encore plus tache...). En voici une par exemple : http://www.lecourrier.ch/134463/exclure_les_eleves_en_situation_de_handicap_la_spg_a_franchi_la_ligne_rouge

Mais difficile pour la SPG de censurer un article dans un journal comme Le Courrier. Dès lors, ils préfèrent censurer sur leur page facebook les gens qui ne tiennent pas d'autres propos que ceux regrettant les propos et positions prises par la SPG qui font le lit de la droite dure.

Nos propos censurés comme vous dites, et des bannissements de la page du SPG. N'est-ce pas, M. Hiltbrand, une preuve que la SPG, ou du moins la personne qui gère la page facebook de votre syndicat, n'avait plus de vrai argument à proposer pour défendre l'indéfendable, soit la position prise par votre syndicat ?!

Écrit par : Julien Cart | 01/12/2015

Je comprends votre frustration contre la censure dont vous avez été victime et j'en suis désolé.

Les membres de notre association ont des arguments et les font connaître, notamment en réponse à l'article précité. Je m'inquiète seulement des répercussions que peuvent avoir ce débat en pleine lutte pour la sauvegarde de nos acquis. http://www.lecourrier.ch/134356/exclure_les_eleves_en_situation_de_handicap_la_spg_a_franchi_la_ligne_rouge#comment-730

En tant qu'enseignant j'ai de la peine à comprendre votre position, qui plus est car vous êtes enseignant spécialisé. Il me semble ( j'ai fait des stages dans l'enseignement spécialisé) que l'accueil des élèves présentant un handicap est de bonne qualité dans le canton de Genève. Je ne comprends pas la volonté d'inclure coûte que coûte , même s'il s'agit d'un droit. Il me semble que les conséquences seraient négative pour les eleves concernés. Nous sommes d'accord sur le plan idéologique. Mais comment mettre en œuvre une politique inclusive généreuse, à l'écoute à la fois des besoins de tous les élèves et des professionnels qui les encadrent?

Écrit par : Hiltbrand | 01/12/2015

En lisant votre billet, je suis choqué. Choqué pour deux raisons très différentes.
La première c'est la censure que vous décrivez. Je ne comprends pas que le secteur de l'éducation lui même si souvent censuré ou manipulé dans les médias ait les mêmes pratiques aujourd'hui. A ce titre, tout comme vous je serais vivement intéressé à comprendre ce qui a motivé une telle réaction, et de la part de qui.
Le deuxiéme point qui me choque c'est la confusion monumentale que vous faites entre la SPG et la Direction Générale de l'Enseignement Obligatoire et l'Etat. En effet concernant la mise en place de l'école inclusive, la SPG se bat pour plus de moyens. Cela vous paraît etre une fausse excuse, alors j'aimerais bien que vous m'expliquiez où sont tous ces beaux moyens si "disponibles" et nombreux ? Non parce que syndicat ou pas, la réalité dans les écoles c'est que nous n'avons RIEN de plus qu'avant l'école inclusive. Alors de là à savoir si ce budget est absent ou à réaffecter, c'est une autre histoire qui de toute manière ne sera pas gérée par le syndicat. Mais ce qui est certain, c'est qu'actuellement en dehors des établissements pilotes il n'y a aucun moyens de disponibles et que l'école inclusive a surtout servi de cheval de bataille politique. C'est une dynamique très différente de l'état de Vaud qui a voté un budget école inclusive. La SPG se bat donc pour que ce soit aussi fait a Genève.
Au delà de tout ça, ce que je constate à titre personnel c'est que les mesures d'économies mettent tous les secteurs de l'éducation, et de l'Etat, à mal. Et dans ce contexte il me semble que le dialogue et l'entraide sont de mises plutot que les attaques injustifiées ainsi que leur censure.
Un enseignant syndiqué ET pour l'école inclusive

Écrit par : Loic vagneux | 01/12/2015

bonjour,

Merci pour ces échanges via les réseaux virtuels. En ce qui me concerne, je préfère le débat de vive voix. Quand je vois les propos tenus à mon égard sur des pages personnelles (on m'a tout de même traité de con, ce que je peux entendre,mais qu'on ne vienne pas me parler de débat démocratique), quand on demande que je sois viré, on sort du débat démocratique, c'est à cela que j'ai souhaité mettre un terme et non au débat démocratique.
De plus, nos contradicteurs ne sont pas d'accord avec nous, normal. Mais ils ne considèrent pas notre point de vue, ne font pas mine de le comprendre et le dénigre, en taxant ces propos d'ignorance du dossier, alors même que je ne compte pas le nombre d'heures que la SPG a passé à étudier le dossier. Etiez-vous là le 21 novembre pour débattre de la question de l'école inclusive? je ne crois pas. Il est facile de se déverser sur internet, il est plus compliqué de comprendre pourquoi l'école inclusive connait de nombreux cahots à sa mise en place, de considérer la réalité de l'école genevoise et les conditions dans lesquelles d'aucuns voudraient imposer l'inclusion des élèves à n'importe quel prix, fut-ce celui de la santé des collègues. Et quand il y aura des remplaçants mal formés dans les classes où a lieu une inclusion, qui payera la casse? l'élève inclus qui sera jeté comme un mal propre, comme le relatait une maman concerné par le problème il n'y a pas si longtemps que ça. C'est le risque si on essaie de mener ce projet n'importe comment guidé uniquement par l'émotion et l'affectif. Libres à vous de faire souffrir les élèves, leurs familles et les enseignants concernés. La SPG continuera à se battre contre cette tendance, ne vous déplaise.

Écrit par : Laurent Vité | 01/12/2015

"En ce qui me concerne, je préfère le débat de vive voix. Quand je vois les propos tenus à mon égard sur des pages personnelles (on m'a tout de même traité de con, ce que je peux entendre,mais qu'on ne vienne pas me parler de débat démocratique), quand on demande que je sois viré, on sort du débat démocratique, c'est à cela que j'ai souhaité mettre un terme et non au débat démocratique."

Merci donc de faire publiquement état de vos censures et bannissements de la page facebook (qui n'est PAS une page personnelle, mais celle que vous vous êtes manifestement appropriée en abusant de vos pouvoirs pour nous bannir) M. Vité.

Malheureusement à cause de vos méthodes (effacement des messages), comment prouver que nous étions pourtant bel et bien dans le débat démocratique et respectueux, malgré nos profonds désaccords ? Normalement si on vous insulte, vous faites une capture d'écran avant d'effacer, et vous demander le retour d'un débat respectueux, mais vous n'effacez pas tout bonnement les propos qui vous dérange.

Nos commentaires sur la page fb de votre organisation étaient donc tout à fait licites, et personne d'ailleurs dans les commentateurs qui défendaient votre position ne s'est plaint de commentaires injurieux, au contraire, le débat se faisait de manière respectueuse comme je l'ai dit dans mon blog.

Si vous préférez les débats dans le "réel", alors organisez de tel débat et laissez l'administration de la page fb de la SPG à qui sait comment modérer des débats sur internet. L'hyper pouvoir ou le Président tient toutes les cartes en main, y compris le bouton chargé de censurer les contradictrices-teurs, ce n'est pas tellement digne d'un syndicat démocratique.

Vous pouvez faire mieux M. Vité, et commencer déjà par ne plus nous bannir de la page du SPG, histoire que le débat et la démocratie aient leur place dorénavant aussi chez vous.

Écrit par : Julien Cart | 01/12/2015

Monsieur Vité

Votre sang ne semble faire qu'un tour face à ce sujet qui parait vous déstabiliser sur le plan de votre inconscient. Avez-vous à ce point peur de la différence de nos fils et filles handicapé(e)s ?

Une précision essentielle pour nos lecteurs, précision que vous censurez. La journée de réflexion que vous mentionnez, organisée par le DIP et par la Magistrate en charge de ce département, était une journée sur inscription et accessible à 300 participants. Nos délégués étaient présents et ont co-animé des ateliers et participé à la table ronde. Par contre vous, qui étiez aussi sur place, n'avez pas osé exprimer publiquement devant la Conseillère d'Etat votre point de vue contre l'école inclusive.

Pourquoi ce silence et cette auto-censure ?

Vous préférez peut-être vous acharner contre nous, familles, et contre nos enfants de même que contre des enseignants comme moi qui ne partagent pas vos vues restreintes. Il est impératif qu'en 2015 vous vous connectiez à ce qui se pratique sur l'école inclusive en Europe. En effet, vos pratiques discriminatoires et excluantes coutent bien plus cher aux contribuables qu'une école décloisonnée où les secteurs spécialisé et ordinaire travaillent en interdisciplinarité. Et cela vous le savez mais je comprends qu'il vous soit difficile de "lâcher le morceau" après l'échec cuisant que vous venez de connaitre le week-end dernier lors de l'élection du Président du Syndicat Romand.

Meilleures salutations.
Priscilla ALBRECHT,
Enseignante, mère d'un fils adulte en situation de handicap, membre d'Insieme-Genève depuis 1990, d'EPIS et de la FéGAPH.

Écrit par : Albrecht Priscilla | 01/12/2015

Bonjour,

J'ai suivi de près ce débat car il m'intéresse et je pense que, comme monsieur Hiltbrand, vous vous trompez d'ennemi. Les arguments de la SPG (qui, je le redis, ne vont pas à l'encontre du projet de l'école inclusive) ont été plusieurs fois répétés et je pense qu'il n'y a pas lieu de le faire encore une fois. Dans un deuxième temps, je rappelle que ce point concernant l'école inclusive est un point qui a été proposé par un membre en séance d'assemblée générale extraordinaire et ensuite qui a été voté par l'assemblée.
Ensuite , lorsque je lis dans vos commentaires "Vite, virez-moi ce Vité." il me semble que vous êtes bien loin du discours constructif que vous semblez vouloir défendre. Personnellement, je considère que le débat sur l'école inclusive doit exister mais toujours dans des conditions de respect des personnes.
Enfin, concernant votre censure, il est vrai que Facebook autorise toutes les malversation. De celui qui gère la page et peut à tout moment effacer quelqu'un du groupe, à celui qui tranquillement assis derrière son ordinateur et se permet de tenir des propos qu'il ne tiendrait pas face à la personne. Ce n'est certainement pas le bonne endroit pour tenir un débat constructif.
Pour conclure, je rappelle que vous, comme moi, comme Monsieur Laurent Vité et comme la plupart des enseignants sommes des défenseurs de l'école inclusive. Il y va du sens commun d'être partisan de ce projet. Néanmoins, cela ne peut se faire sans certaines conditions afin que le bien-être de chacun puisse être garanti. Mais cela, vous le savez certainement.
Cessons ce gaspillage d'énergie inutile et agissons ensemble pour pouvoir assurer une école de qualité à tous !

Écrit par : Toninato | 01/12/2015

Bravo à M. Tonninato pour son intervention!

Écrit par : Frédéric Hiltbrand | 01/12/2015

Bonjour,

L'Assemblée dont vous parlez était composée d'une minorité de membres. On sent toutefois que l'école inclusive pose au Président de la SPG un véritable problème qui bloque le développement de ses arguments en toute liberté. En effet, en 2014 déjà et dans la presse genevoise M. Vité avançait ses arguments personnels contre l'école inclusive comme vous le constaterez dans l'article cité. En 2014 et hors toute Assemblée il tenait des propos personnels au nom de toute une collectivité.

Il serait sain que la SPG retrouve une parole autonome et libre sur le sujet afin de favoriser un réel débat y compris à l'interne. Là on vous sent très crispés et à la défensive au point de prendre la défense les uns des autres comme s'il était risqué de ne pas le faire.

Je vous invite à lire tous les blogs dans la Tribune de Genève de la Présidente d'Autisme Genève qui rentre du Pays Basque où l'école inclusive est une pratique courante et pourtant le PIB est bien inférieur à celui de Genève.

Je vous invite aussi à ouvrir votre esprit au delà d'un réflexe corporatiste qui ne vous autorise pas à avancer et à vous informer en profondeur sur la question.

Bonne journée et meilleures salutations.
Priscilla ALBRECHT
Enseignante, mère d'un adulte en situation de handicap qui a été dans une école inclusive, membre d'Insieme-Genève depuis 1990, de la FéGAPH et d'EPIS.

Écrit par : Albrecht Priscilla | 01/12/2015

Madame Albrecht,

Vous parlez d'acharnement mais vous démontrez ici le votre ! L'assemblée GENERALE extraordinaire évoquée au dessus et qui était "composée d'une minorité de membres" était, comme son nom l'indique, ouverte à tous les membres. Chacun pouvait y voter. Comme toute votation, il me semble donc inopportun de remettre en cause son résultat en se basant sur les absents.

Par ailleurs, Le cœur de vos revendications concerne-t-il M.Vité ou l'école inclusive ? Je me permets de demander non pas pour défendre M. Vité mais simplement parce que je ne lis que des attaques personnelles à son égard et aucunes réponses à mes questions sur votre vision de l'écolé inclusive.

Écrit par : Loic vagneux | 01/12/2015

"Ensuite , lorsque je lis dans vos commentaires "Vite, virez-moi ce Vité." il me semble que vous êtes bien loin du discours constructif que vous semblez vouloir défendre. Personnellement, je considère que le débat sur l'école inclusive doit exister mais toujours dans des conditions de respect des personnes."

Ah ben voilà, il s'agissait d'un commentaire sur l'élection au SER, où j'osais espérer que M. Vité ne soit pas élu et j'ai fait c'est vrai, ce commentaire pas très constructif sous forme d'allitération. Sauf que pour ma part je ne me cache pas derrière la censure et le bannissement, M. Toninato.

L'acharnement des familles dont les enfants sont des élèves à besoins particuliers est à relever et à soutenir, non pas à critiquer comme c'est le cas sur ce fil de discussion (oui M. Vagneux, ce n'est pas glorieux).

Bien sûr lorsqu'on est confortablement installé dans son poste (soit en classe ordinaire, soit à la présidence d'un beau syndicat), il est plus facile d'en vouloir à celles et ceux qui se battent pour qu'une place soit faite à celles et ceux, les plus faibles, qui sont continuellement rejetés depuis la nuit des temps dans le canton de Genève et ailleurs.

En attendant, ce n'est pas en réutilisant le discours de droite sur les moyens que l'on fera avancer quoi que ce soit dans cette lutte politique en faveur de l'école inclusive. Et on ne peut qu'espérer que des syndicats tels que la SPG sorte de leur torpeur sur la question et ose s'engager réellement en faveur de cette école inclusive.

Écrit par : Julien Cart | 01/12/2015

BOnjour M. Cart et Mme Albrecht

A vous lire, nous sommes donc, nous enseignants (mais vous ne l'êtes pas aussi au fait??) des privilégiés,confortablement installés dans nos postes et en voulant aux plus faibles, ceux qui sont rejetés, les personnes en situation de handicap. N'est-ce pas vous qui utilisez un discours de droite? Parce que c'est exactement ce que j'entends de la part du PLR ou du MCG: le confort, les privilèges... Si vous n'êtes pas encore en poste, je vous invite volontiers une journée dans ma classe pour voir de vos propres yeux ma place de grande privilégiée.

J'ai pour ma part intégré des enfants en situation de handicap six années de suite avec l'appui d'un enseignant spécialisé et peu d'élèves (17 ou 18) dans ma classe. Je me suis beaucoup impliquée dans ce projet. C'était des conditions dans lesquelles il a pu être réalisé de façon positive à la grande satisfaction des familles et des enfants, cela il y a 10 ans. Je n'aurais aucune envie de me relancer avec 24, 25, 26 élèves sans appui d'un enseignant spécialisé parce que le Conseil d'Etat n'en a plus les moyens... Et je pense que vous en comprendrez les raisons. C'est de cela dont nous parlons à la SPG, c'est de cela dont parle cette résolution de la SPG. Alors de grâce, cessez vos caricatures!
Nous avons voté cette résolution à une grande majorité, nous étions plus de 100 délégués et nous ne sommes pas tous d'affreux méchants privilégiés nous attaquant aux plus faibles!!!
Merci pour votre lecture.

Écrit par : Armelle Loiseau Moser | 01/12/2015

Il ne suffit pas d'être en majorité pour avoir raison, c'est évident, mais je crois qu'il fait bon de le rappeler.
Si les classes n'ont pas les moyens d'accueillir le mieux possible tout le monde, il s'agit alors d'axer toute l'attention sur les élèves ayant le plus de besoins particuliers, et non d'utiliser le manque de moyens pour justifier leur exclusion !
- ça paraît tellement évident que je dois me pincer pour me persuader de devoir redire de telles vérités...
Dans ce cadre, recourir aux arguments liés aux "moyens" en ce qui concerne une décision éminemment politique et humaniste (relevant des droits humains fondamentaux) telle que l'école inclusive est donc tout simplement une honte.
Comme si pour les urgences à l’hôpital on se demandait si - à cause de l'austérité - on avait assez de sous pour accueillir les malades ayant le plus besoin de soins particuliers... Au pire, on fera attendre davantage celles et ceux qui se portent moins mal. Il devrait en être de même pour une école qui n'aurait pas, c'est vrai, déjà depuis longtemps fait le deuil de l'égalité des chances (ah ce vieux concept, ce vieil idéal républicain...qu'on a mis au coin au fond de la classe...).
Bien évidemment les classes de 25,26,27 élèves sont des absurdités, alors en effet dénonçons cela, ce manque de moyens là ! Mais pas les présences LÉGITIMES des plus faibles dans ces mêmes classes ! Sinon plus personne ne pourra considérer que vous, la SPG, êtes un syndicat de gauche.
Mais uniquement un syndicat qui défend des conditions de travail pour faire progresser les élites de demain, qui n'ont, rassurez-vous, pas besoin de nous pour se faire une place.
Contrairement aux élèves à besoins particuliers - certes si faciles à débouter à travers de laconiques communiqués...

Écrit par : Julien Cart | 01/12/2015

Cher Julien Cart, je suis heureuse de voir que vous reprenez mon image des urgences, ainsi je vais pouvoir aller au bout de mon explication commencée sur fameuse discussion Facebook.
Lorsque les urgences sont saturées, le résultat n'est pas simplement que les personnes en meilleure santé attendent plus longtemps, le résultat c'est plus de patients mal soignés, voir plus de mortalité.
Les enfants à intégrer ont des écoles en ce moment où l'on s'occupe bien d'eux. A ma connaissance tous les enfants vont à l'école. Pas forcément à l'école ordinaire c'est vrai. Mais dans des classes spécialisés (j'ai vu que vous êtes aussi enseignant spécialisé, vous êtes donc bien au courant). Dire que les enfants ont tous le droit à l'école est un faux argument. Ils ont tous une école.

Mais si ce que l'on veut c'est pejorer l'accueil de ces enfants à besoins particuliers, allons y, faisons de l'intégration sauvage dans nos classes. Sans aides supplémentaires. Peut-être que vous ne mesurez pas ce que cela implique dans une classe de 24 ou plus. Je ne peux que vous conseiller d'accepter l'invitation de la personne qui vous propose d'aller voir comment ça se passe dans sa classe.
Nous voulons une école de qualité pour tous et pour le moment avec les classes spécialisés et autres, aucun élève n'est sur le carreau. Bien au contraire. Dire cela équivaut à critiquer un système qui a fait ses preuves depuis longtemps.
L'école inclusive implique de l'argent, même notre conseillère d'État le dit. Alors pourquoi ne pas aller vers elle directement plutôt que de mettre votre énergie à critiquer des enseignants et un président de syndicat qui dans le fond, ont les mêmes conceptions que les vôtres?
Pour finir, je rejoins clairement les personnes qui vous accusent, vous et les personnes qui gèrent la page " une place pour toi dans chaque école genevoise" d'attaques personnelles contre L. Vité. Et après avoir lu quelques autres commentaires incitant à la haine et par exemple à "cracher à la figure" de Monsieur Vité publiquement, je peux comprendre la censure sur Facebook. Cela ne fait pas parti d'un débat démocratique, mais comme vous nous le reprochez de personnes confortablement installées... Dernière leur écran tout est plus facile.

Écrit par : M.Rahal | 01/12/2015

Encore bravo!

C'est à des "débats" du niveau "cours de récré" que l'on est en mesure de déterminer la qualité des édiles de l'enseignement .
Et dire qu'ils disent vouloir enseigner le respect des autres et de leurs opinions!...
Allons! Messieurs les Censeurs, allez au bout de vos idées!
Enseignez également la censure à vos élèves.
Rétablissez le "Chevallaz" en histoire!
Dites à vos élèves que Tell est un fait historique.
Expliquez le géocentrisme et le créationisme.
Mais avant toute chose, dites ou faites dire aux "apprenants" que dans l'enseignement, jamais personne ne se trompe, qu'il est omnipotent!... Et répétez le souvent, sinon certains oublieront le "r", lorsqu'ils diront que vous êtes important!
Bien sûr, la censure est une bonne chose!... Elle élimine les idées de ceux qui sont dans l'"erreur"!... L'étape suivante sera d'éliminer également physiquement ceux qui sont dans l'"erreur"!... Et ce jour là, nous seront tous dans l'horreur!

Écrit par : La paille et la poutre | 04/12/2015

Bonsoir,

Merci pour ce blog, j'ai pu prendre connaissance de beaucoup d'arguments intéressants des "pour" et des "contre" de ce débat.

Le débat est très focalisé sur ce que défend le syndicat. Cependant je n'entend toujours pas de mesures, de la part des syndicats et des enseignants concernés, permettant de faire des économies dans leur secteur d'activité.

Alors je suis désolé d'avance de vous exprimer mes pensée par des exemples simples, mais prenez celui-ci:

J'ai absolument envie d'avoir un superbe four pour cuisiner de très bon gâteau, on ne vie qu'une fois, je l'achète. Je constate Après que je n'ai plus que 300.- pour payer ma nourriture pour les 3 prochaines semaines... J'ai peut-être des médicaments à acheter si j'attrape froid, enfin j'avais pas prévu de resté parqué sur cette zone bleu aussi longtemps, 40.-...
C'est quand même pas de la faute à Siemens qui vends ses fours trop chèrs, à Novartis si les médicaments sont trop chèrs, à la fondation des parkings si les contraventions sont trops chères!

L'état, qui paie vos salaires et offres des conditions de travail EXCEPTIONELLES, demande à ses employers un élan de patriotisme, histoire de remonter la pente et de maintenir des conditions de travail plus qu'acceptable. Et la seule réponse que je lis dans les journaux et blogs sont des arguments qui attaquent ou défendent la mesure. Mais aucunes mesures alternatives et potentiellement constructives... Le problème que beaucoup à mon niveau ne comprennes pas, c'est au nom de quoi les enseignant ne devrait-il pas eux AUSSI réajuster leurs conditions d'emploi par rapport à la situation économique ?

Enfin, et loin de moi l'idée de troubler la paix du travail, mais y'a-t-il quelqu'un qui se pose la question de comment va procéder l'état pour l'embauche des futures enseignants pour répondre à la demande de la démographie SI DES MESURES D'ECONOMIES NE SONT PAS PRISENT DANS LE SECTEUR ? Si les enseignants pensent qu'ils seront épargnés par la concurrence des frontaliers... le plus dure n'est pas la chute, c'est l'attérissage.

Merci d'avance pour vos commentaires, je ne prétend pas savoir, je suis juste curieux de mieux comprendre.

Enfin pardon pour mes fautes d'orthographes, ma profs de français était du genre à punir les mauvais élèves.

Clément

Écrit par : Clem | 08/12/2015

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