29/11/2015

Société Pédagogique Genevoise : un syndicat aux manières douteuses

Nous sommes deux camarades à avoir été censuré-e-s samedi soir sur la page facebook de la SPG (Société Pédagogique Genevoise), suite à un débat qui se déroulait sur la question de l'école inclusive. Il s'agit de Priscilla Albrecht, enseignante et parent d'élève, et de moi-même, enseignant spécialisé.

Certes, dans ce fil de discussion, les avis divergeaient, mais personne n'a été injurié-e et aucun écart de comportement n'a pu être enregistré de part et d'autres. Chacun s'exprimait le plus normalement du monde, lorsque nous avons constaté que nous avions été tout simplement banni-e-s de la page facebook du syndicat, sans aucun avertissement ou explication. Impossible non seulement de continuer à échanger avec les personnes qui sont intervenues, mais qui plus est, nos messages ont été effacés - le fil de la discussion étant donc totalement tronqué. 

Plus que nos simples messages censurés, il s'agit d'un acte grave de musellement de la pensée de la part d'un syndicat qui devrait, au contraire, donner la parole à chacun-e, et surtout aux plus faibles, à savoir les élèves à besoins particuliers, qui, malgré le soutien légal qu'ils ont pu obtenir, ne bénéficient toujours pas d'une vraie prise en charge au sein de l'école ordinaire.  

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C'est pourquoi nous souhaitons dénoncer vivement ces procédures excluantes qui ont cours au sein de ce syndicat, lesquelles ne laissent rien présager de bon concernant l'inclusion des élèves à besoins particuliers dans le canton de Genève. En effet, alors qu'un syndicat tel que la SPG devrait prendre fait et cause pour ces mêmes élèves, ce dernier préfère censurer les personnes qui osent défendre une position divergente sur cette question. De même, la SPG ne fait que reproduire le discours des partis de droite sur l'argument biaisé du manque de "moyens" à disposition, alors même que ce faux argument permet de cacher les vraies questions et de justifier l'absence de réelle politique d'inclusion des élèves à besoin particulier dans le canton.

Des vraies questions, que posait avec justesse Marie-Jeanne Accietto dans sa réponse en ligne au courrier de lecteur de M. Vité, président de la SPG, dans le Courrier du 11 novembre 2014 :

« Comment un Etat de droit peut-il tolérer que des enfants soient exclus, marginalisés et victimes d’un discours aussi minimaliste que celui des moyens ?

Croyons-nous vraiment que la Suisse et en particulier Genève soit moins riche que d’autres pays qui ont mis en place une politique inclusive ? 

Ce serait amusant de le faire croire….Si nous partons du droit, de ce qui est juste, les moyens suivront et on se rendra compte, comme ailleurs c’est déjà le cas, qu’en réalité l’école inclusive a un coût bien moindre que l’école de la politique ségrégationniste pratiquée aujourd’hui !

La question n’est pas celle de l’efficacité de l’école inclusive, de sa rentabilité ou de son coût, mais bien du droit de chaque enfant à fréquenter l’école de droit commun, sans discrimination. »

 

Nous demandons donc aux responsables du SPG, des excuses concernant leurs graves agissements de samedi soir sur leur page facebook, et souhaitons que ce syndicat, à défaut de défendre les élèves qui depuis trop longtemps maintenant sont laissé-e-s au ban de la société, ait au moins l'obligeance de respecter à l'avenir les règles de bases du débat démocratique, en cessant d'exclure les parents d'élèves ou autres enseignant-e-s qui s'opposent à certaines de leur prises de positions publiques.

 

Signataires : Julien Cart, Priscilla Albrecht, Mireille Smulders & Angélique Jaquier.

Illustration : COPHAN, Ensemble pour l'inclusion

 

23/09/2013

La peine de mort : nouvel arsenal des extrêmes ?

Pour un premier blog sur 24heures (après une belle période genevoise sur les blogs de la TDG), signant mon retour en Pays de Vaud, j'aurais bien sûr voulu pouvoir choisir sujet plus réjouissant que celui-ci. Mais devant la véritable effervescence qui a secoué notre région suite notamment au meurtre d'Adeline - avec des appels clairs en faveur du retour de la peine capitale en Suisse (ici l'UDC Jean-Luc Addor et les jeunes UDC qui réfléchissent à une initiative fédérale pour rétablir la peine de mort), je crois qu'il ne suffit pas de répondre avec de l'humour, comme l'a fort bien fait 120 secondes, mais il faut aussi prendre toute la mesure de ces revendications de l'extrême droite, qui rejoignent et utilisent une grande partie des émotions de la population: exemple, la page facebook du jeune UDC genevois Xavier Schwitzguebel, dont je tairai le nom et le titre pour ne pas lui en faire encore la promotion, dépasse les 20'000 "like" en quelques semaines : qui dans ses ami-e-s facebook, peut en effet se targuer de n'avoir aucun-e ami-e ayant aimé cette page ??. Mais n'est-ce pas là tout l'objectif de partis tels que l'UDC ou à Genève, le MCG, de profiter de la grande émotivité d'une population bien préparée notamment par les médias de masse pour tomber dans le panneau des solutions faciles ? C'est pourquoi en quelques paragraphes, je crois indispensable de rétablir, autant avec mon cœur qu'avec ma raison, quelques rapides clés de réflexion sur un sujet aussi important pour l'avenir éthique de notre pays :

Répondre à un acte haineux inexplicable et inhumain par un acte tout aussi haineux et inhumain, puisque résultant de la loi du talion, donc bassement vengeur : c'est sombrer aussi bas que les malfrats ayant commis des crimes odieux. Est-ce que c'est ce que vous désirez, tenant-e-s de la peine de mort, est-ce que vraiment vous souhaitez que notre société décide de tomber aussi bas en acceptant d'enlever la vie d'autrui par simple vengeance ?

On explique pourtant toutes et tous à nos enfants que ce n'est pas parce qu'on a été tapé que c'est en rendant un coup qu'on résoudra les choses, mais quand votre enfant va vous demander pourquoi on assassine quelqu'un et que vous répondrez : 'parce qu'il a assassiné lui-même quelqu'un', ne croyez-vous pas que vous aurez l'air quelque peu, comment dire, inconséquent-e ?!

Si un-e de mes proche devait subir les foudres d'un tel meurtrier, je peux le dire sans crainte : je n'exigerais pas la loi du talion mais un procès et une peine - et surtout je devrais me mettre sur le chemin du pardon ou tout au moins de l'acceptation - même si cela relève de l'acceptation de l'inacceptable.

Mais si un homme a franchi la frontière de cet inacceptable et a tué en conscience un semblable - qui suis-je pour, à mon tour, franchir cette frontière de l'inacceptable ? !

Avec tout le poids légal de la société qui me le permettrait (comme c'est le cas dans bien trop d'endroits encore dans le monde), est-ce que je n'en serais pas moins coupable ?! Au contraire je deviendrais tout aussi assassin et mon acte me ferait devenir tout autant inhumain que l'acte commis par le pire des malfrats. Ce serait même pire puisque je me cacherais derrière une soi-disant loi m'y autorisant. Pire car je croirais être dans mon bon droit. Pire parce que je me venge socialement contre un individu seul. Pire parce que je perds toute humanité pendant que le malfrat lui n'existe plus. Pire parce que c'est moi qui doit vivre désormais en conscience avec cet acte et essayer de me regarder dans la glace chaque matin avec le poids de cet assassinat.

'Oeil pour œil finira par rendre le monde aveugle' Gandhi

A méditer avant de sombrer dans le vague sécuritaire et électorale surfant sur les faits divers pour alimenter les thèses de la droite la plus nauséabonde qui soit.

Et ne pas oublier de "liker" la page "Pour une Suisse sans peine de mort!"

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